14 PASSAGE: A SPIRITUAL ODYSSEY Votre environnement familial a-t-il déterminé votre parcours musical ? Complètement. Je m’appelle Salome à cause de l’opéra de Strauss. J’ai grandi dans ce monde-là : mon grand-père était chef d’orchestre, mon père aussi, ma grand-mère et ma tante sont pianistes. J’ai grandi au milieu des opéras, des ballets, des concerts. Mais paradoxalement, personne ne m’a forcée à devenir musicienne. Au contraire, ma famille savait à quel point ce métier était difficile et m’a toujours dit de ne le choisir que si je le voulais profondément. Je pense que c’est ce qui a préservé mon amour pour la musique. Votre formation a été très internationale… Oui : la Juilliard, puis Yale, et la Guildhall School de Londres. Cette formation a été intense et complète. On ne m'a pas seulement appris à devenir interprète, mais aussi à être une citoyenne, à développer des objectifs, à comprendre d’autres formes artistiques... Et en Géorgie, j’ai eu une chance exceptionnelle : jouer sur scène dès l’âge de sept ans avec orchestre, plusieurs fois par an. Cela m’a appris très tôt à communiquer avec le public. Mon professeur Natalia me disait : « On n’apprend jamais vraiment une pièce tant qu’on ne l’a pas jouée sur scène à plusieurs reprises » (car elle prend vie sur scène)… Aujourd’hui, je comprends parfaitement cette phrase.
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