3 XAVIER PHILLIPS ∙ LAUSANNE SOLOISTS Xavier Phillips, cet album nouveau dans votre discographie met en valeur un projet très particulier. Quelle est son histoire ? Xavier Phillips : J’ai été sollicité il y a trois ans pour prendre la suite de Renaud Capuçon à la tête des Lausanne Soloists. Je l’ai accepté comme un cadeau, en toute conscience qu’il allait falloir leur consacrer énormément de temps. S’est posée la question de ce que j’allais faire avec cet ensemble qui n’est pas formé de musiciens professionnels, mais d’étudiantes et étudiants encore en cursus à l’HEMU – Haute École de Musique, à Lausanne où j’enseigne. Il me fallait un programme qui sorte des sentiers battus du répertoire classique. L’idée des quatre points cardinaux m’a été suggérée et je l’ai accueillie avec enthousiasme. Le Sud s’est imposé pour commencer, avec l’Italie - nous avons monté le Concerto pour cordes de Nino Rota, des concertos d’Antonio Vivaldi, de Luigi Boccherini selon les concerts - mais aussi l’Amérique du Sud et l’envie de mettre au-devant de la scène une compositrice, Alicia Terzian et ses trois pièces pour orchestre à cordes, ainsi qu’Astor Piazzolla qui m’accompagne depuis l’adolescence. J’en rêvais depuis longtemps ! J’avais interprété ses Quatre Saisons dans l’arrangement de Leonid Desyatnikov, le plus connu de tous ceux qui existent, avec son ajout de clavecin et ses inserts d’extraits de l’ouvrage de Vivaldi. J’ai demandé à Olivier Calmel, compositeur et ami d’enfance, d’en réaliser une version pour violoncelle et orchestre à cordes.
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