8 PIAZZOLLA | ESTACIONES PORTEÑAS ∙ ACONCAGUA ∙ OBLIVION Selon vous, qu’a de particulier le style de Piazzolla ? Piazzolla est parti de Carlos Gardel avec le Tango Classico, puis a créé le Nuevo Tango, allant d’une base classique vers une expression plus violente, rugueuse, dont émanent des sentiments plus noirs que du tango destiné à être danser. J’ai beaucoup évoqué cela avec les musiciens, je leur ai expliqué pourquoi il ne faut pas toujours jouer « beau » cette musique. C’était une démarche intéressante et nouvelle pour eux : on leur apprend en temps ordinaire à jouer le plus proprement possible et là, il y a des moments où il faut être volontiers rude dans le son : ce que raconte cette musique est très spécial, les rues de Buenos Aires, la pauvreté, et la rage du compositeur, cet homme bourru et indomptable. Pour autant on y trouve des passages « classiques » parce qu’il vient de l’école de Nadia Boulanger. Il a composé le Concerto pour bandonéon l’année de sa mort, après celle-ci. Doit-on y voir un hommage ? je ne saurais répondre. Ce qui est certain c’est qu’il a réussi à mêler ce qui provient de son enseignement et de ses racines et cela a donné le son Piazzolla.
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