LDV130-1

8 BACH I LES SUITES FRANÇAISES (BWV 812-817) En jouant ces pièces, écrites pour ses élèves voire pour ses fils et pensées pour un usage privé, a-t-on l’impression d’entrer dans le foyer de Bach ? Tout à fait, d’autant qu’elles étaient sans doute destinées à être jouées au clavecin ou au clavicorde, donc dans un espace relativement réduit. À l’opposé d’œuvres de dimension plus abstraite comme L’Art de la fugue, elles se révèlent d’une expressivité assez immédiate et reposent, pour certaines, sur un matériau restreint. L’Allemande de la Suite en Si mineur est ainsi basée sur un unique motif de quatre notes. Comme si Bach voulait aller à l’essentiel, droit au cœur, sans artifices. On perçoit ici l’humilité d’un compositeur plus soucieux d’émouvoir ses proches que de mettre en avant son génie contrapuntique. J’ai choisi de graver ces pièces sur mon propre piano, un Steinway de concert datant de 1901 et de le faire dans mon propre studio de travail. J’avais besoin de me créer une bulle afin de ressentir l’univers intimiste de cette musique.

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