7 CÉDRIC PESCIA Vous souvenez-vous de votre découverte de ces Suites et de vos premières émotions face à ces pièces ? Elles sont entrées dans ma vie vers l’âge de douze ou treize ans et m’ont tout de suite intrigué. Plus ramassées que les Partitas ou les Suites anglaises et comportant des reprises dans chaque pièce, elles constituaient un formidable terrain de jeu pour développer ma créativité. J’ai ainsi pris conscience, très jeune, de l’importance de ne jamais se répéter mais d’éclairer différemment chaque phrase musicale lors de sa redite. D’autant que ces pièces, à vocation pédagogique, comptent parmi les plus touchantes de Bach. Moins exigeantes sur le plan digital et moins complexes du point de vue de la construction intellectuelle que ses autres grands cycles, les Suites françaises nous incitent à privilégier une forme de modestie dans notre jeu et à oublier les effets de manche. C’est une musique de l’intime, pour laquelle, en tant qu’interprète, on doit donner beaucoup de soi. Et dans ce corpus se trouvent réunis les objectifs pédagogiques essentiels du compositeur : former les doigts, la tête et le cœur.
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